L’été s’achève… Normalement, à Belle-Isle, c’est le moment des confitures de mûres où l’on s’égratigne dans les sous-bois pour recueillir 9 baies noires et 1 rouge (la formule magique de la gelée…) mais cette année pour une mystérieuse raison, probablement la même qui a laissé le figuier sans figues, la cueillette serait trop maigrichonne.
D’une certaine manière un peu de repos tombe plutôt bien après 4 semaines consacrées à faire tourner une maison sans cesse pleine de 10 à 12 personnes tout en assurant le quotidien de l’AFADEC, qui en saison estivale, est assez exigeant !
Les semaines se sont succédées à toute allure, apportant chacune leur lot d’invités qui colorent différemment le rythme des jours.
Pour accueillir Alma, la fille de Alexandra qui vit à Singapour et Maceo, le petit-fils de Thierry qui vit à Londres, nous avons organisé deux sessions « nourrissons de moins de trois mois », à 15 jours d’intervalle. La grande maison s’est garnie de biberons, stérilisateurs, baignoire en plastique, table à langer, liniment à l’huile d’olive, transat, siège auto, mobiles à musique, poussette yoyo, etc… le matériel de puériculture, croisement entre les besoins réels des bébés et l’imagination du marketing, s’étendant à l’infini.
Nous avons vécu au rythme soutenu des tétées (surtout de nuit…). Pour gagner nos galons de grands-parents Thierry et moi avons bercé, massé, emmailloté, changé, câliné, calmé, fait roter… avec patience, dévouement et il faut le dire, beaucoup de plaisir. Les jeunes mamans pendant ce temps là, profitaient de la thalasso de l’île, luxueuse et dispendieuse, mais souveraine pour vous redonner une silhouette de jeune fille.
Entre les deux s’est intercalée une session « enfants-adolescents » : 4 « grands » et deux de 8 ans. Organisation maximum pour arriver à caser le kayak, l’acrobranche, la découverte du sténopé, la poterie, le collage de papier…et bien sûr la plage puisque cette année il a fait très beau. Le thème de cette année était « La relation à l’autre » : on a fait pendant 7 jours des variations très intéressantes autour du conflit, de l’amour, de la tolérance. Discussions, jeux de rôles, improvisations.
C’est d’ailleurs improviser qu’il a fallu faire lorsque Théo, 16 ans, le petit fils de Thierry est revenu du pique-nique nocturne porté par deux adultes, vomissant, les yeux vitreux et ne tenant plus debout. La sortie feu-de-bois-sur-la-plage avec pizzas et coca, qui nous avait été présentée comme une inoffensive activité scout s’était transformée (avec préméditation !!!!) en une beuverie bière, vodka, rhum. Grrr… rapport à l’autre, travaux pratiques…
Cette nuit là nous n’avons pas appelé les pompiers, en revanche le lendemain lorsque ma cousine Hélène, probablement allergique aux anti-inflamatoires s’est trouvée mal, vomissant du sang et perdant connaissance, nous avons testé le très efficace service d’urgence de l’île. Pas d’évacuation en hélicoptère mais ambulance et hôpital…
Pour la première fois depuis des années je ne suis pas arrivée à finir (ni même à sérieusement entamer…) mon programme de lecture.
Catherine

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire